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Entre 18 % et 67 % selon l’enquête : 67 % des entreprises de 20 salariés ou plus déclarent utiliser l’IA générative début 2026 (Banque de France), 18 % de celles de 10 salariés ou plus un usage organisé de l’IA en 2025 (Insee), 40 % des TPE et PME un outil d’IA en 2026 (France Num). Champ, question et date diffèrent.

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La réponse : entre 18 % et 67 % selon qui compte, et comment

La question a plusieurs réponses publiques, toutes exactes dans leur champ. En 2025, 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d’IA (Insee, enquête TIC entreprises). Eurostat, qui publie la même enquête pour toute l’Union, donne 18,16 % pour la France et 19,95 % pour l’UE.

En 2026, 40 % des TPE et PME déclarent utiliser au moins une solution d’IA, et 53 % des PME (baromètre France Num, réalisé par le Crédoc pour la Direction générale des Entreprises).

Début 2026, 67 % des entreprises de 20 salariés ou plus déclarent utiliser l’IA générative, le plus souvent de façon limitée ou expérimentale (Banque de France, enquête menée du 25 février au 3 avril 2026 auprès d’environ 7 000 entreprises de l’industrie manufacturière, du bâtiment et des services marchands non financiers, hors commerce). Pour l’IA non générative, la part tombe à environ un tiers.

Trois choses séparent ces chiffres : les entreprises interrogées (dès 0, 10 ou 20 salariés, et pas les mêmes secteurs), la question posée (un usage organisé choisi dans une liste de technologies, des outils utilisés à des fins professionnelles, ou l’IA générative seule, usage expérimental compris) et la date de collecte (début 2025, ou printemps 2026). Les mettre côte à côte comme des mesures du même phénomène induit en erreur.

Quatre sources, quatre champs

Le tableau résume ce que chaque source compte. Les sources et leurs adresses figurent en bas de page.

Quatre sources, quatre champs
SourcePopulation interrogéeQuestion poséeCollecteRésultat
Insee, enquête TIC entreprises 2025Entreprises de 10 personnes occupées ou plus, secteurs principalement marchands hors agriculture, finance et assurance : environ 194 000 entreprises, 11 000 interrogéesUsage organisé d’au moins une technologie d’IA, dans une liste de huit. L’usage ponctuel et individuel des salariés est en principe excluSituation au premier trimestre 202518 %
Eurostat, même enquête harmonisée dans l’UEEntreprises de 10 personnes occupées ou plus, hors agriculture, industries extractives et secteur financier : 157 000 interrogées dans l’UELa même liste de technologies d’IAPremiers mois de 2025France 18,16 % ; UE 19,95 %
Baromètre France Num 2026 (Crédoc pour la DGE)TPE et PME de 0 à 249 salariés ayant une activité économique, entités publiques exclues : 9 655 répondantes, dont 799 sans salarié« Utilisez-vous des outils d’intelligence artificielle au sein de votre entreprise, à des fins professionnelles ? »Du 23 mars au 18 avril 202640 % (TPE 38 %, PME 53 %)
Banque de France, enquête mensuelle de conjoncture (Bulletin n° 266)Entreprises de 20 salariés ou plus de l’industrie manufacturière, du bâtiment et des services marchands non financiers, hors commerce : environ 7 000 interrogées, résultats redressés par taille et par secteurUsage de l’IA générative (agents conversationnels, assistants virtuels, outils de création de textes, de code, d’images, de contenus audio ou vidéo) : intensif, limité ou expérimentalDu 25 février au 3 avril 202667 % (IA générative) ; environ un tiers (IA non générative)
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Ce qui explique les écarts entre les chiffres

L’Insee et Eurostat ne sont pas deux mesures. C’est la même enquête, dont les concepts et les questionnaires sont harmonisés entre pays européens, publiée à deux échelles : 18 % et 18,16 % désignent le même résultat.

Le véritable écart sépare l’enquête officielle du baromètre France Num. Le champ ne l’explique pas : France Num ajoute les moins de 10 salariés, qui utilisent moins l’IA que les PME (38 % contre 53 %), et laisse de côté les 250 salariés ou plus, qui l’utilisent le plus. Sur la tranche couverte par les deux, de 10 à 249 salariés, l’écart demeure : 15 % à 31 % selon l’Insee, 48 % à 62 % selon France Num. Ce qui reste, c’est la question et la date.

La question d’abord. L’Insee demande un usage organisé au sein des services ; un salarié qui utilise un assistant conversationnel de sa propre initiative n’est en principe pas compté. France Num demande si l’entreprise utilise des outils d’IA à des fins professionnelles, sans cette restriction.

La date ensuite. Un an sépare les deux collectes, et l’usage progresse vite dans les deux séries : de 10 % à 18 % entre 2024 et 2025 pour l’Insee, de 26 % à 40 % entre 2025 et 2026 pour France Num. Ces publications ne permettent pas de faire la part exacte entre l’effet de la question et celui de l’année.

La Banque de France mesure encore autre chose. Son chiffre de 67 %, mesuré sur les entreprises de 20 salariés ou plus, n’est comparable ni à celui de l’Insee ni à celui de France Num : il porte sur une seule famille de technologies, l’IA générative, compte l’usage expérimental et exclut le commerce et la finance. En dessous de 20 salariés, la Banque de France juge son échantillon insuffisamment représentatif.

Par taille d’entreprise : l’écart entre petites et grandes

Dans chaque enquête, l’usage croît avec la taille. Selon l’Insee, les entreprises de moins de 50 salariés, 85 % du champ, utilisent l’IA deux fois moins souvent que celles de 50 à 249 salariés, et presque quatre fois moins que celles de 250 salariés ou plus. L’Insee l’attribue aux coûts fixes d’adoption. Entre 2023 et 2025, l’écart entre les moins de 50 salariés et les 250 ou plus est passé de 16 à 43 points.

La Banque de France observe la même pente début 2026 : 64 % des entreprises de 20 à 49 salariés utilisent l’IA générative, 83 % de celles de 1 000 salariés ou plus ; pour l’IA non générative, 31 % et 60 %.

Par taille d’entreprise : l’écart entre petites et grandes
TailleFrance, Insee 2025 (usage organisé)UE, 2025 (même enquête)France Num 2026 (usage professionnel)
1 à 4 salariésHors champHors champ36 %
5 à 9 salariésHors champHors champ44 %
10 à 49 salariés15 %17 %48 % de 10 à 19 ; 58 % de 20 à 49
50 à 249 salariés31 %30 %62 %
250 salariés ou plus58 %55 %Hors champ
Ensemble du champ18 %20 %40 %
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Ce qui freine : utilité perçue, expertise, données

Chez les entreprises de 10 salariés ou plus qui n’utilisent pas l’IA, le premier motif n’est ni le coût ni la technique : 71 % n’en voient pas l’utilité. Ce motif recule avec la taille, tandis que le manque d’expertise et les difficultés liées aux données progressent (Insee, 2025).

  • Les entreprises qui utilisent déjà l’IA sont freinées aussi : 53 % par un manque d’expertise, 43 % par des inquiétudes sur la protection des données, 42 % par un manque de clarté juridique, 33 % par des coûts trop élevés (Insee).
  • Eurostat pose la question à une autre population : les entreprises qui ont envisagé l’IA sans l’adopter. Dans l’UE, le manque d’expertise arrive alors en tête (70,89 %) et l’absence d’utilité en dernier (20,68 %). Même mot, « frein », deux populations.
  • Le manque d’utilité perçue est une question de chiffrage plus que de technologie : un usage se juge sur un processus précis, avec le temps passé, le volume et le coût. Le simulateur de gain en donne un ordre de grandeur avec vos hypothèses.
Ce qui freine : utilité perçue, expertise, données
Raison évoquée (entreprises sans IA)10 à 49 salariés50 à 249 salariés250 ou plusEnsemble
Pas d’utilité pour l’entreprise71 %69 %54 %71 %
Manque d’expertise53 %66 %73 %54 %
Incompatibilité avec les équipements38 %45 %46 %38 %
Inquiétudes sur la protection des données37 %44 %53 %38 %
Manque de clarté juridique36 %48 %50 %38 %
Coûts trop élevés31 %42 %40 %32 %
Difficultés liées aux données nécessaires28 %32 %49 %29 %
Considérations éthiques24 %30 %27 %25 %
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Usage déclaré n’est pas usage intégré

Toutes ces enquêtes comptent des entreprises qui déclarent un usage. Aucune ne vérifie si l’IA est installée dans un processus, avec un responsable, une revue humaine et un gain mesuré.

Les détails publiés le montrent. Selon la Banque de France, l’usage déclaré de l’IA générative est « principalement limité ou expérimental ». Chez France Num, 52 % des entreprises utilisatrices n’ont recours qu’à des solutions gratuites, et les usages les plus cités sont la génération de contenus (34 % des TPE et PME) et les assistants conversationnels (24 %). Chez l’Insee, un quart des entreprises utilisatrices concentrent leurs usages sur une seule technologie, le plus souvent l’IA générative, et un tiers sur l’analyse de langage écrit. À l’autre bout, 10 % utilisent au moins cinq technologies ; près des deux tiers d’entre elles les ont développées en interne, et elles emploient 48 % des salariés des entreprises utilisatrices.

Rapportés aux paliers de maturité IA, ces chiffres se lisent ainsi :

  • Palier 1, usage ad hoc : quelques salariés utilisent des outils grand public. Cela peut suffire à répondre « oui » à France Num ; l’Insee l’exclut en principe.
  • Palier 2, initiatives fragmentées : des équipes ont leurs outils, sans cadre commun. Un usage organisé dans un service suffit à être compté par l’Insee.
  • Palier 3, IA intégrée : l’IA soutient des processus cœur, avec un responsable par cas d’usage et une revue humaine tracée. Aucune de ces enquêtes ne mesure ce palier.

Questions fréquentes

Quel pourcentage des entreprises françaises utilise l’IA ?

18 % des entreprises de 10 salariés ou plus en 2025, selon l’Insee, pour un usage organisé d’au moins une technologie d’IA. 40 % des TPE et PME en 2026, selon le baromètre France Num, pour des outils d’IA utilisés à des fins professionnelles. 67 % des entreprises de 20 salariés ou plus début 2026, selon la Banque de France, pour l’IA générative seule. Citez toujours le champ avec le chiffre.

Pourquoi l’Insee et France Num donnent-ils des chiffres si différents ?

Ils ne posent pas la même question à la même date. L’Insee compte l’usage organisé au sein des services, au premier trimestre 2025 ; France Num demande si l’entreprise utilise des outils d’IA à des fins professionnelles, au printemps 2026. Le champ n’explique pas l’écart : de 10 à 249 salariés, tranche couverte par les deux, l’Insee mesure 15 % à 31 % et France Num 48 % à 62 %.

La France est-elle en retard sur l’Europe pour l’IA en entreprise ?

Légèrement, et seulement pour les plus petites. En 2025, 18,16 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus utilisent l’IA, contre 19,95 % dans l’UE (Eurostat). Selon l’Insee, le retard tient aux moins de 50 salariés (2 points) ; de 50 à 249 salariés la France est au niveau européen, et à 250 ou plus elle le dépasse de 3 points.

Pourquoi les entreprises n’utilisent-elles pas l’IA ?

Parmi les entreprises de 10 salariés ou plus qui ne l’utilisent pas, 71 % n’en voient pas l’utilité et 54 % évoquent un manque d’expertise ; viennent ensuite, à 38 % chacun, l’incompatibilité avec les équipements, les inquiétudes sur la protection des données et le manque de clarté juridique (Insee, 2025). Plus l’entreprise est grande, moins l’utilité est en cause et plus l’expertise l’est.

Quels sont les usages de l’IA les plus fréquents dans les TPE et PME ?

En 2026, 34 % des TPE et PME utilisent l’IA pour générer du texte, de la voix ou des images et 24 % des assistants conversationnels ou de recherche d’informations (France Num). Parmi les entreprises utilisatrices, 48 % paient au moins une solution ; les autres n’utilisent que des outils gratuits.

Les entreprises qui utilisent l’IA pèsent-elles lourd dans l’économie ?

Oui. Selon l’Insee, en 2025 elles concentrent 66 % du chiffre d’affaires et 59 % de l’emploi du champ (10 salariés ou plus, secteurs marchands hors agriculture et finance). Cela ne veut pas dire que 59 % des salariés utilisent l’IA, mais qu’ils travaillent dans une entreprise qui en déclare un usage organisé.

Sources

Méthode : chiffres externes vérifiés à la source citée ; chiffres SHIFTLABS présentés comme des estimations ou des exemples.

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